La crise qui frappe actuellement la Grèce de plein fouet et que nous observons de très très loin n’a pas fini d’exciter les philosophes économiques, les diseurs de bonne aventure, les Irma de la Finance et même les apprentis sorciers de mon pédigré. Dans l’élaboration de nos scénarios, il arrive en général à tort ou à raison d’ailleurs que l’on regarde souvent dans le rétroviseur pour trouver les remèdes aux situations actuelles. Tout comme la crise de 2008 était fortement associée au spectre de 1929, la récente crise grecque fait fortement penser à celle de l’Argentine à la fin des années 90. Dévaluation impossible à cause de l’euro, brutale dégradation de la compétitivité, explosion de la dette publique, fraude fiscale, coupes budgétaires importantes imposées par le FMI. Les même remèdes appliqués dans le cadre du sauvetage Argentin peuvent-ils s’appliquer au cas Grec ?
Octobre 2001. Après 3 années de récession, l’Argentine se déclare officiellement en défaut sur sa dette. Elle décide enfin de dévaluer sa monnaie après avoir supprimé la parité pesos/dollar qu’elle avait instaurée en 1991 pour ralentir l’inflation galopante et rassurer les investisseurs étrangers. Cette action aura mécaniquement pour effet d’augmenter sa dette publique libellée en dollars avec toutefois augmentation de 60% à 150% du PIB.
Si 11 ans plus tard l’Argentine semble s’être tirée d’affaires, ils est important de mettre en évidence certains facteurs catalyseurs qu’aujourd’hui la Grèce n’a pas. 1/Le processus de sauvetage de l’Agrgentine s’est accompagné d’une croissance élevée au cours des années 2000. A l’exception de ces dernières années, celle-ci a été d’une moyenne annuelle de 6%. 2/L’Argentine a également profité du boom économique du brésil et de l’explosion des cours des matières premières agricoles qui représentent 55% des exportations. 3/La composition des créanciers de l’Argentine était très disparate, neutralisant ainsi les risques de contagion, contrairement la dette grecque détenue essentiellement par les banques européennes.
Rien ne semble pourtant perdu car si l’Argentine était plutôt seule dans sa bataille, la Grèce pourra toujours compter sur un hypothétique prêteur en dernier ressort et une Union Européenne solidaire…ou pas.
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